Lavoirs de France

Photographie et histoire des lavoirs



Le lavoir de Villers, hameau de Magnant

(Un lavoir restauré par l’Association l’Arbre Vert)

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L’Est-Éclair ; 20 avril 1999
On dit parmi les anciens qu’au début du siècle, il y avait cinq lavoirs dans le village. Deux subsistent. Celui de "La Voie au curé" situé en contrebas de l’église et l’autre, à l’extrémité de Villers, le hameau de Magnant.

Depuis plus de trente ans que les femmes bénéficient de machines à laver, l’édifice avait pris lentement l’allure d’une ruine chancelante. Au point de devenir dangereux et d’obliger le conseil municipal à choisir : soit le raser soit le restaurer. Il a opté pour la solution qui pour être la plus intelligente n’en est pas pour autant la plus fréquente : la réhabilitation. Elle a été confiée à l’équipe de l’Arbre vert, association d’insertion par l’environnement qu’a créée Pascal Corneux en 1996 et qui a déjà travaillé pour une douzaine de communes auboises.

Dans le cursus de l’Arbre vert, le lavoir de Magnant est symbolique : c’est son premier chantier dans le domaine de prédilection de Pascal Corneux. Il y avait beaucoup à faire : charpente délabrée et affaissée de 40 cm, tuiles moussues ou envolées, murs lézardés et partiellement éboulés, bassin profondément envasé. L’endroit était devenu difficile d’accès : les arbustes embroussaillaient l’entrée et ici et là, avaient percé le toit. L’album de photos qu’a constitué Pascal Corneux pour montrer l’état du lavoir avant et pendant les travaux est tout à fait révélateur. Même la source ne s’y retrouvait plus, s’épanchant n’importe où, minant les murs, transformant les abords du lavoir en marécage.

Une délibération de 1873.


Pascal Corneux a tout de suite repéré le charme de cette construction : un lavoir en impluvium où la belle charpente ne couvrant que les abords du bassin permet à la pluie comme au soleil de venir faire des ronds dans l’eau. Il y en a d’autres à proximité bâtis sur le même plan : celui de Poligny, en pierre, superbement conservé et valorisé et à Bar-sur-Seine, perdu dans la zone artisanale, celui de la Sainte-Fontaine pourtant chargé d’histoire mais en nettement moins bon état.

A Magnant, le formateur de l’Arbre vert a mené la restauration dans les règles de l’art, recherchant aux Archives départementales les autres sources, architecturales et historiques celles-là. Il a retrouvé la délibération de la municipalité, décidant en 1873 de sa construction ainsi que les devis des artisans, le plan...

Le curage du bassin a été l’une des étapes les plus spectaculaires : " Nous avons retiré une épaisseur de 80 cm d’humus et de débris " confie-t-il en montrant le tas de déchets encore sur place. L’équipe a dû ensuite étayer la charpente de chêne avant de la réhabiliter, phase la plus difficile : " Elle s’était complètement affaissée. Nous avons dû l’exhausser de 80 cm. Les chevrons manquants ont été remplacés et le lattis a été totalement rénové. " La maçonnerie a également nécessité de grosses restaurations pour combler ses béances. Détail amusant : toutes les briques manquantes ont été retrouvées par terre, souvent enterrées. " Mais toutes étaient là " précise Pascal Corneux qui ajoute : " Ca a été le cas pour tous les éléments qui manquaient, les tuiles, les pierres ou les pavés. On s’est aperçu que tout était resté sur place, à l’extérieur du lavoir ou dans l’envasement du bassin. "

Penser comme nos ancêtres.


Autant d’économies pour la commune qui dans son contrat avec l’association d’insertion a la charge de fournir les matériaux. " Elle a également mis à notre disposition un bulldozer et plusieurs habitants sont venus nous aider bénévolement. Michel en particulier. " commente-t-il.

L’huile de coude, les quatre équipiers de l’Arbre vert n’en manquaient pas. Il en fallait pour gratter les tuiles, frotter le pavement, les briques et les poutres pour restituer son allure pimpante au lavoir de Villers. Pimpante mais authentique ! Pascal Corneux n’est pas peu fier de souligner le caractère traditionnel de cette restauration : " Pour nous, c’était un travail particulièrement intéressant. On s’oblige à penser comme nos ancêtres, à analyser la construction pour rénover à l’identique " explique-t-il avant de préciser : " Nous n’avons, par exemple, utilisé que de la chaux, pas de ciment. " Le lavoir a rajeuni de cent vingt ans et s’il est passé beaucoup d’eau sous les ponts depuis, l’eau calme, paisible et transparente qui remplit à nouveau le bassin n’a pas une ride...

A quelques pas de là, le captage ou plutôt, les captages : " Nous avons retrouvé dans les broussailles une source très proche du lavoir mais nous en avons également découvert une deuxième, un peu plus haut que nous avons également captée. "

La commune s’est promis d’aménager les abords du lavoir : un plus pour cette commune de 196 habitants qui entend bien valoriser son patrimoine pour offrir aux nombreux touristes de passage dans son hôtel, l’occasion de bucoliques balades. Ainsi, l’autre lavoir, celui de "la Voie au curé", construit dans les années 1850 sur l’emplacement d’un abreuvoir, devrait lui aussi bientôt bénéficier d’une restauration.

Valérie Alanièce
Un ou plusieurs lavoirs ont été répertoriés dans cette commune. Malheureusement nous n'avons ni photo ni descriptif de celui/ceux-ci.Photographie du lavoir,Villers (Magnant),Aube,10,Champagne-Ardenne, France

voir aussi :
Lavoirs de L'aube
Lavoirs de Champagne-Ardenne
Lavoirs de Bourgogne-Franche-Comté

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