Lavoirs de France

Photographie et histoire des lavoirs



Une assocaition pour sauver
le lavoir des Roizes, à BUCEY-en-OTHE

(lavoir,Bucey-en-Othe,Aube,10,Champagne-Ardenne, France)

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L’est Éclair 1er mars 2000

Paradoxalement la tempête a eu quelques bons côtés ! A Bucey-en-Othe par exemple où les tuiles du lavoir ont été le déclencheur d’une action que Marie-France Prunier avait en projet depuis longtemps : sensibiliser la population à sa restauration.
Ce n’est pas la première fois qu’elle consacre son énergie et son temps à la sauvegarde du patrimoine. Les vieilles pierres la passionnent et, sa modestie dût-elle en souffrir, elle sait bien plaider leur cause. Dès les années 1985, les animations qu’elle avait suscitées pour recueillir des fonds permettaient d’entreprendre la restauration du clocher. L’été dernier, le vide-greniers fut l’occasion de proposer à la vente des reproductions de cartes postales anciennes du village : les bénéfices ont permis de mettre un coup d’arrêt à la plus belle statue de l’église, un superbe saint Jacques en bois polychrome du XVème siècle. " L’image de bois" est actuellement en cours de restauration.
Le lavoir s’inscrit dans cette lignée. Mais comme la facture s’annonce assez lourde et que la mairie a déjà en projet les travaux de couverture de l’église, M-F. Prunier et quelques autres habitants ont décidé de sensibiliser les habitants à l’intérêt de protéger le petit édifice baptisé "le lavoir des Roizes " - là où autrefois, on rouissait le chanvre - et qui est situé au fond de la "ruelle à l’eau " . Les abords sont soigneusement entretenus mais le lavoir est en piteux état : " Il est temps de faire quelque chose, la mousse sur les tuiles les a amenées à geler et casser et les poutres sont de plus en plus nombreuses à pourrir ". D’où la création , il y a quelques jours, de l’ASPBO, Association de sauvegarde du patrimoine de Bucey-en-Othe. Le maire de Bucey-en-Ohe est président d’honneur et M-F Prunier a été élue présidente. Elle s’apprête à faire le tour de Bucey pour proposer les premiers "produits" de l’ASPBO. Une idée originale : à une époque où la Poste promeut les enveloppes illustrées, M-F. Prunier y a vu un excellent moyen de communication. Huit cent enveloppes pré-timbrées à l’emblême du lavoir, "mémoire de nos grand-mères, patrimoine à sauvegarder " sont à vendre.
Le temps de l’hygiénisme

Avec la carte d’adhérent dont le prix de base est très modestement fixé à 10 F, elle offre une plaquette joliment illustrée rappelant l’historique du lavoir des Roizes. Elle en a retrouvé aux Archives départementales les "actes fondateurs " . Ce lavoir, comme beaucoup d’autres, a été construit en 1880 : c’est le début de l’hygiénisme. L’État incite les communes à rénover et à multiplier les lavoirs.
C’est le maire d’Estissac de l’époque qui avait été nommé commissaire-enquêteur par arrêté préfectoral pour vérifier si le projet d’acquisition foncière par la commune était conforme. Deux paramètres étaient à respecter : la proximité avec les habitations et la présence d’une source à débit suffisant pour alimenter un bassin en eau claire. Le commissaire-enquêteur valide le 16 juillet 1879 le projet d’acquisition par la commune de la parcelle de 2,53 ares à un habitant de Vulaines, Léon Toulouse, pour 480F.
L’État demandait que ces établissements publics soient construits dans les règles de l’art : l’étude et les devis furent confiés à un expert en construction. Le 5 juin 1880, par adjudication, les travaux étaient confiés à un artisan de Laines-aux-Bois moyennant la somme de 3816F.
Du toit au bassin

" Il est impressionnant de constater l’évolution des prix. La terre coûtait très cher proportionnellement au bâtiment ... Si nous avions à le reconstruire aujourd’hui, la facture serait autrement plus élevée. Quand le patrimoine s’écroule, après, les gens ont des regrets. Mais les regrets ne remplacent rien. Il vaut donc mieux restaurer alors qu’il est encore temps... " commente-t-elle.
M-F. Prunier est déjà comblée : en échange d’une seule enveloppe illustrée, elle a obtenu un don anonyme de 1000 F. Ce qui lui importe, c’est de réunir rapidement une première mise de fonds qui permettent d’enclencher les demandes de subvention prévues pour le "patrimoine rural non classé" auprès du SIARPO, du département et de L’État.
Car si la restauration de la toiture est une urgence, si les murs de briques sont encore dans un état satisfaisant, le bassin a mal résisté au temps : les vannes sont hors d’usage, le petit ru n’est plus dévié vers le bassin dont les pierres cassées disparues ont laissé l’eau croupie s’infiltrer dans le sol : le lavoir est devenu quelque peu marécageux. " Une fois la restauration terminée, le lavoir pourra être l’objet d’une promenade pour les habitants comme pour les touristes. Aux beaux jours nous sommes tout le temps sollicités. Et en été, le lavoir, c’est un endroit idéal pour se rafraîchir comme pour rêver... Un lavoir, ça fait partie de ce qui rend un village plus attachant ". Un lieu de promenade qui est aussi un lieu de pèlerinage où on imagine les éreintantes lessives, les brouettes à pousser, le linge à battre et à rincer à genou dans les "carrosses ".

Valérie AlaniècePhotographie du lavoir,Bucey-en-Othe,Aube,10,Champagne-Ardenne, France Photographie du lavoir,Bucey-en-Othe,Aube,10,Champagne-Ardenne, France Photographie du lavoir,Bucey-en-Othe,Aube,10,Champagne-Ardenne, France

voir aussi :
Lavoirs de L'aube
Lavoirs de Champagne-Ardenne
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